Masterclass d’écriture des pitchs : Fadi revient sur son expérience

21 juillet 2025 - de Pépites emploi

Et si le courage, c’était de mettre des mots sur ce qu’on tait depuis des années ? Fadi, collaborateur chez Talan et candidat du Grand Pitch 2024, est revenu sur le process d’écriture de son pitch. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, son entreprise, son expérience du concours… et la manière dont il a transformé un tabou personnel en parole libre et puissante. Un témoignage humble, lucide et inspirant.

Le Grand Pitch : transformer un parcours en parole publique

Le Grand Pitch est un programme que nous avons imaginé pour aider les personnes en situation de handicap à construire une parole forte et personnelle, à partir de leur vécu. Chaque pitch est à la fois une prise de parole incarnée et un travail d’introspection. Il s’écrit, se travaille, se répète, se filme, puis se partage sur scène devant des employeurs.

L’objectif ? Donner à voir autrement les parcours professionnels, briser les stéréotypes, mais surtout rendre visibles les personnes. Ce n’est pas qu’un concours d’éloquence. C’est un prétexte. C’est un espace où la parole peut se déposer, se renforcer, et se transmettre.

Les ateliers d’écriture : un moment de structuration et d’écoute

Avant même les répétitions, les participants du Grand Pitch s’engagent dans des ateliers d’écriture. Ces ateliers, menés avec des coachs professionnels et des intervenants spécialisés, permettent de poser les premières briques du pitch : définir une intention, structurer le récit, tester des accroches. C’est aussi un temps de rencontre. Avec les autres candidats. Avec soi-même. Un espace de recherche, de tâtonnements, de recul. Un moment rare.

Image prise sur le vif représentant plusieurs candidats lors d'un atelier d'écriture

Fadi travaille chez Talan, partenaire engagé sur le terrain de l’inclusion

La politique handicap de Talan est en plein essor. Et l’inclusion est déjà à l’œuvre dans les pratiques de l’entreprise. Elle accompagne en l’occurrence depuis deux ans des collaborateurs volontaires dans l’aventure du Grand Pitch. Et chaque témoignage renforce cette conviction : la parole change la relation.

Entreprise de conseil spécialisée dans la transformation numérique, Talan met en avant une culture managériale centrée sur la personne, l’écoute, et la volonté. Recrutements, reconversions, accompagnements : ici, on valorise les talents au-delà des parcours classiques. Fadi en est un exemple.

Remise du pris de Fadi

Ce qu’en dit Fadi, candidat 2024 du Grand Pitch, déjà lauréat

Fadi, qui es-tu ?

Je suis un jeune papa d’une petite fille de 4 ans et demi. J’ai 35 ans. Je suis né et j’ai grandi à Rabat, au Maroc, jusqu’à mes 18 ans. Je suis arrivé en France en 2007 pour mes études. Je suis consultant en gestion de projet IT depuis 2017. À la base, je suis ingénieur BTP de formation, donc rien ne me prédestinait à faire ça. J’ai eu la chance de me reconvertir, et aujourd’hui je vis à Montpellier.

Comment as-tu “rencontré” Talan ?

Je suis entré chez Talan en 2017. C’est eux qui m’ont donné l’opportunité de me reconvertir. À l’époque, ils avaient lancé ce qu’ils appelaient le “chantier de reconversion”. Ils étaient intéressés par des profils qui venaient d’ailleurs. Leur message, c’était : Talan est intéressé par les personnes, leur volonté, leur curiosité, plus que par les diplômes ou les connaissances. J’ai intégré cette formation interne et on était une quinzaine à passer des évaluations. J’ai eu la chance d’être retenu. Depuis, j’y suis toujours. J’aime ce que je fais.

Quelle inclusion concrète observes-tu dans ton entreprise ?

L’inclusion, je l’ai vécue à travers ma maladie. J’ai la maladie de Crohn depuis 2012, de façon agressive. Quand je suis arrivé chez Talan, elle n’était pas active, donc ce n’était pas visible. Mais en 2018, elle est revenue très fortement. Et là, je n’ai pas eu d’autre choix que d’en parler à mes collègues, parce qu’il fallait aménager mon travail. C’est comme ça que j’ai découvert à quel point ils sont ouverts. 

Tu peux en dire plus sur le sujet ?

Justement, pour eux, ce n’était pas un sujet. Il n’y a jamais eu de discussion sur autre chose que mon bien-être, ma santé physique et mentale, sur comment faire en sorte que le travail n’empire pas une situation déjà compliquée. Ça a duré un an et demi, et Talan m’a accompagné de manière très naturelle. On ne parlait jamais de boulot, juste de santé. 

Ils t’ont poussé à demander une RQTH ?

Le revers de cette façon de voir les choses, c’est justement que je ne me suis jamais posé la question de faire une demande de RQTH. Les médecins m’y avaient poussé, mais j’avais un blocage. J’avais peur de mettre un tampon sur moi. J’ai fait cette démarche seulement en 2022, dix ans après le début de la maladie. C’est mon épouse qui m’a poussé à le faire. Quand je l’ai dit à Talan, ils ont été très contents, très fiers.

Tu as été ambassadeur Talan au Grand Pitch 2024. Comment as-tu connu le concours ?

C’est Talan qui me l’a proposé. Tout ça, ce n’est pas un truc naturel pour moi. Participer à un concours d’éloquence, ce n’est pas du tout quelque chose qui me caractérise. Mais j’ai vu l’opportunité de progresser. C’était un défi personnel : parler en public, sortir de ma zone de confort. Quand Melvin m’a parlé d’ateliers d’écriture, de théâtre, de coaching… j’ai sauté sur l’occasion.

Avais-tu déjà une idée du pitch que tu allais présenter ?

J’avais plein d’idées, mais je ne savais pas comment commencer. C’est mon épouse qui m’a soufflé une idée. Elle m’a parlé de la chanson “Ma solitude” de Georges Moustaki. Il parle de sa solitude comme d’une personne à proprement parler. Et là, ça a cliqué. J’ai eu envie de parler de ma maladie comme d’une entité à part entière, presque comme un membre de ma famille. Je voulais faire un pitch subversif, impactant, aborder des sujets un peu tabous.

Comment s’est déroulée la masterclass d’écriture ?

On a commencé en juillet 2024. Il y a eu trois ou quatre ateliers. J’ai travaillé avec Noël et Vincent, de l’équipe Pépites emploi. On a fait connaissance, il m’a donné des conseils pour capter l’attention, comme l’importance de la phrase d’accroche. C’est ce qui m’a permis de partir sur mon idée de “plan à trois” comme accroche. J’avais déjà une idée claire, donc je n’ai pas eu besoin qu’on me propose des thèmes, mais pour d’autres candidats je sais que ça a été le cas. J’ai relu le pitch à ma famille, à Vincent, à Arnaud, à Yohanna. J’étais à 95 % prêt pour le séminaire. Et Vincent m’a aidé à le rendre plus oral, plus vivant.

Qu’est-ce que tout ça t’a apporté ?

Techniquement, beaucoup. Et humainement encore plus. Ça m’a désinhibé. À la remise des prix, en décembre, j’ai pu parler de ce sujet très personnel avec facilité. Je ne pensais pas que j’étais capable d’écrire un truc aussi impactant. Et les rencontres au séminaire m’ont bouleversé. Ça m’a mis une grosse claque. On est souvent centré sur nos petits problèmes, et là, j’ai pris du recul.

Savez-vous que Corinne, une de vos collègue chez Talan, a été sélectionnée pour l’édition 2025 du Grand Pitch ?

Non, je ne savais pas ! Je suis super content qu’elle participe. Mais en effet, elle m’a posé des questions il y a deux mois, donc ce n’est pas extrêmement surprenant. Je l’ai beaucoup encouragée. Elle avait peur. Je lui ai raconté mon propre chemin, que ce n’était pas facile pour moi non plus, mais que ça en valait vraiment la peine. Le plus dur, c’est quand on n’a pas encore écrit son texte. On se sent au pied d’une montagne. Mais elle a un vrai message à porter. Je suis certain que ça va être un super moment pour elle.Fadi vous a convaincu de nous suivre ? Les candidats du Grand Pitch 2025 sont actuellement en masterclass d’écriture, et seront bientôt en séminaire pour terminer ce travail, être coachés, et filmer chaque pitch ! Pour de l’info en temps direct, suivez nos posts LinkedIn et ceux de nos fondateurs, Yohanna et d’Arnaud.

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